Maia Mazaurette ou la revanche du clitoris
Rencontre avec la rédactrice du blog "sexactu"

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La littérature fait-elle la part plus belle à l’extravagance et au plaisir sous toutes ses formes ? Le clitoris est-il aussi un excisé littéraire, pour paraphraser votre Revanche du clitoris ?

Ah, je botte en touche sur cette question : la littérature érotique m’endort instantanément. clitorisCela dit, c’est déjà une forme de réponse…

Existe-t-il selon vous des réalisateurs qui sortent des autoroutes traditionnelles du désir et des rapports sexuels ? Et pensez-vous que le salut du porno pourrait être féminin ?

Je vais citer Catherine Breillat comme tout le monde ! Et oui, je vois plutôt une évolution féminine. Non parce que les femmes seraient différentes des hommes ou plus sensibles ou n’importe quelle bêtise essentialiste, mais parce qu’elles ont plus “la rage”. Un homme qui se regarde dans le miroir du porno peut trouver l’image flatteuse : toujours en érection, des femmes qui jouissent à tous les coups, hosannah! Pour les femmes, pour moi en tant que spectatrice, il y a une petite frustration de se voir si mal représentée. Forcément, ça donne envie de fuir ou de réagir. J’aimerais bien que les femmes fuient moins…

Contrairement aux anti-pubs et aux chiennes de garde qui dénoncent le phénomène de sexualisation de la publicité, vous considérez vous comme une féministe nouvelle génération, pro-sexe, selon l’expression consacrée d’Ovidie dans Porno Manifesto ?

Je suis une féministe pro-sexe solidaire des Chiennes de Garde. On leur en met plein la tête parce que ça fait classe d’être anti-féministe alors qu’elles mènent un combat pas du tout absurde. Je trouve les opposants aux Chiennes de Garde souvent très superficiels. Pour dire le mot : beaufs. Ensuite, je ne suis pas d’accord avec ces féministes sur leurs conclusions, mais je suis d’accord avec la cause de leur indignation. Les publicitaires méritent qu’on leur rappelle leurs responsabilités, au lieu de se planquer derrière la liberté de création appliquée aux yaourts, ou pire, d’utiliser leurs scandales dérisoires comme argument marketing. Ne pas mettre un homme en string à paillettes pour vendre une machine à laver, en 2009, c’est hypocrite et lâche. Donnez-nous des hommes en string à paillettes !

Propos recueillis par Claire Cecchini

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