Comment définiriez-vous la spiritualité druidique ?
Bran : Je me répète, mais le druidisme est une des voies natives de ce monde. Et être natif c’est se sentir vivant en lien avec son terroir, de reconnaître ce terroir comme un être vivant composé d’arbres, de plantes, de pierres, de sources, d’animaux, d’humains, de rivières, de montagnes, de vallées, de la mémoire des ancêtres qui ont accompagné le terroir dans ses cycles, de tous les esprits de la nature, qui possèdent chacun une âme et un chant. Être natif c’est reconnaître et honorer ces âmes vivantes et écouter leur chant, et tisser sont propre chant à la mélodie du lieu, c’est le respect du vivant sous toutes ses formes, les écosystèmes qui ont aussi une dimension spirituelle. Alors comme tous ceux qui cheminent dans le druidisme, je célèbre la vie, la mienne au sein d’un environnement avec lequel je me sens relié. Je travaille à rester conscient de tout cela au rythme des saisons, du soleil, de la lune, des étoiles…
Cyril : Une voie païenne et initiatique qui nous relie à la Terre, notre mère à toutes et à tous, dans le respect des différences. Un chemin qui mène à l’équilibre, à la paix et à la Connaissance de soi autant qu’à ce qui nous entoure. Basé sur des principes éthiques de respect de la nature, de non-violence, de partage et de liberté individuelle, ainsi que sur les concepts de transmigration de l’âme, de réincarnation…
Hélène : C’est une spiritualité qui s’incarne : le lien avec le cycle des saisons est très fort, car c’est la Nature qui nous enseigne, sans forcément passer par les livres tout ce que nous avons à comprendre et à faire : de cette manière toute personne qui se donne la peine de regarder, de toucher les arbres, les animaux, les pierres apprend d’eux les choses essentielles .La Nature est donc devenue un grand livre ouvert qui me parle constamment.
D’ autre part, la connaissance “directe” est importante car à l’heure actuelle nous souffrons d’une “sur-mentalisation” et d’un tel “gavage informationnel” que l’esprit humain a du mal à trouver le repos …. La voie druidique (très proche du taoïsme en fait) permet d’apaiser le mental par la recréation du lien avec la Nature.
Comment cette spiritualité se manifeste dans votre vie ?
Bran : Quand je ritualise, j’aime mon intimité et ma tranquillité, je ne cherche pas a fonder un club de développement personnel, je fais simplement ce qu’il me semble juste de devoir faire pour honorer mon terroir et la mémoire des anciens qui veille dans les pierres. Le druidisme en France reste mal connu parce qu’il demeure un traumatisme, la peur de la persécution. Je pense que les gens ont peur de ce genre de démarche à cause de la psychose des sectes et de la diabolisation des cultes païens locaux. Alors pour veiller à ma tranquillité je préfère me planquer en veillant à ne déranger personne et à ne pas être dérangé. Je ne laisse pas de trace.
C’est une des raisons pour lesquelles le druidisme est mal connu. J’aimerais pouvoir chanter sur les pierres, prier près des sources que j’aime sans que ça choque quiconque, j’aimerais qu’on trouve cela normal. Mais ce n’est pas le cas…
Cyril : J’ai fait le choix de l’écologie, de la sobriété en termes de consommation et du végétarisme. Je suis devenu tolérant envers les autres religions. Je partage cette démarche avec un petit groupe dans ma région, nous nous voyons souvent pour différentes sessions dites rituels (8 au total) et sommes aussi amis!
Hélène : Je reste dans un état de réceptivité et d’écoute : je sais que la réponse peut simplement venir d’un oiseau qui va se mettre à chanter au moment où je pose une question par exemple …ou d’une feuille d’arbre qui va tomber à mes pieds …C’est très chamanique ! Et puis il y a le coté sauvegarde de l’environnement: si on est druide, on est écolo, on recherche une vie simple, frugale, voire décroissante. La pratique de la musique et de la poésie font aussi partie intégrante de cette voie: si Dieu est créateur et que nous sommes à son Image (très biblique ça!!) alors nous sommes créateurs nous aussi et pas seulement consommateurs. L’humain est là pour créer de la magie et de la beauté, pour incarner un rêve: les religions primitives qui nous enseignent cela sont dans le vrai.
