Le lavage de la Madeleine : le Brésil défile à Paris
Voyage en nation Maracatu !

27 septembre 2009, Place de la Bourse, sous un soleil de plomb, un rassemblement inhabituel attire les badauds et touristes du quartier.  Des costumes chamarrés, des corps dénudés, des tambours par milliers, des danseurs huilés, un chanteur moulé,  la foule cosmopolite des participants à la fête du lavage des marches de la Madeleine s’affaire sous les rayons du soleil indien. Cet attroupement costumé est réuni devant le Palais Brongniart pour célébrer la fête de la purification de la ville par le nettoyage  symbolique de l’escalier menant au sanctuaire de la pécheresse repentie.

Etienne Raguenel a suivi pour Contr’Actuel ce cortège mené par le Roi et la Reine suivi par les bahianaises, les capoeristes, les batucada et un char musical animé par le chanteur Roberto Chaves, organisateur de la fête http://www.myspace.com/robertinhochaves !

Aux origines du lavage de la Madeleine

La fête est l’expression la plus visible de l’héritage culturel du Brésil. Elle se révèle être le symbole de la diversité originelle de sa population. Bien plus qu’une simple quête du divertissement, la fête a généralement au Brésil un sens religieux. Et elle a, simultanément, un rôle d’intégration sociale, à la fois devoir de mémoires, projection d’utopies et affirmation d’une identité.

La fête du lavage des églises est quant à elle originaire de Salvador, la capitale de l’État de Bahia, catholiques et pratiquants du candomblé, - religion apportée au Brésil par les esclaves africains -, montent la colline sacrée de l’église du Bonfim pour saluer Oxalá, le plus grand dieu du culte afro-brésilien ou le Seigneur du Bonfim (Jésus crucifié). eglise-du-bonfimLe cortège, qui reflète le syncrétisme religieux et la relation entre le sacré et le profane, est composé de Bahianaises et suivi de tambours et de petits groupes de batifoleurs. Les Bahianaises sont des prêtresses du culte afro qui portent un vêtement typique composé de jupons brodés de dentelles et de breloques, un fichu noué autour de la tête et des colliers de perles et des balagandãs, bijoux à caractère religieux.

Cette manifestation transporte ses communiants au cœur de l’âme du Brésil : vêtus de blanc, les participants se joignent au cortège. Sur le parvis de l’église est procédé par les bahianaises au lavage symbolique des marches avec de l’eau parfumée et des fleurs, pour chasser les mauvais esprits et purifier la ville.

Le cortège qui mène croyants et mécréants jusqu’au lieu mystique est une Naçao Maracatu. Il s’inspire d’une cours royale portugaise de l’époque coloniale tout en y intégrant des références aux cultes afro-brésiliens, au candomblé et aux orixas. A Paris, Letho Nascimento crée en 2000 sa propre nation de Maracatu, la Naçao Oju Oba http://www.ojuoba.com/.Il conduit chaque année sa nation dans les rues de la capitale lors de la fête du lavage, permettant ainsi aux néophytes parisiens de découvrir les richesses des traditions culturelles du Pernambuco, état du centre du Nordeste.

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Claire Cecchini